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Samedi, 06 Juin 2009 21:50

Débat sur l’aménagement de Nanterre

« L’extension de la Défense n’est pas un projet en soi »

Pour faire un peu d’histoire, le 30 août 1990  a marqué une inflexion avec l’annonce faite par Michel DELEBARRE et le gouvernement ROCARD  de la volonté de finir l’aménagement sur les 120 ha allant de l’Arche à la Seine et de corriger les coupures causées entre autre par les infrastructures routières et ferroviaires, revendications séculaires de la ville de Nanterre. 

En 2000, un protocole est signé entre la Ville de Nanterre et le gouvernement de Lionel Jospin. Cette signature marque la fin d’une époque, celle d’un aménagement unilatéral et la reconnaissance de l’importance de la ville de Nanterre dans l’aménagement de ce secteur considéré comme stratégique. L'EPA Seine-Arche  est créé pour mettre en oeuvre le projet d'aménagement du territoire. Il est présidé par le maire. En novembre 2002, le projet Seine-Arche prévoit la construction de 17 terrasses bordées de logements (dont 35 à 40% de logements sociaux), de bureaux et d'équipements, dans des immeubles ne dépassant pas la dizaine d'étages, sur un axe allant de l’ Arche à la Seine, sur 124 hectares. Quand il s’est agi de définir une première zone opérationnelle (le périmètre des ZAC actuels), le secteur des Groues n’y étaient pas intégré du fait de la possibilité de l’implantation d’une gare TGV  sur ce secteur. L’objectif préconisé par le préfet RICONO était le «Le contrôle de l’évolution du secteur des Groues en permettant  la respiration du tissu industriel existant». La préconisation de Gilles  RICONO n’a pas été réalisée nous avons plutôt assister à un gel de cette zone qu’à son contrôle jusqu’à la publication voilà en 2008 d’un plan guide élaboré par  l’EPASA, résultat d’une réflexion sur l’aménagement de ce secteur qui tient compte du tissu l’existant.

L’ensemble de ce projet a été intégré dans le travail de concertation du schéma d’aménagement régional, copiloté par l’Etat et la région, entamé en 2004 et voté en 2007, Son équilibre entre logements, bureaux, équipements publics, transports publics a été entièrement validé à la fois par les élus régionaux et par les commissaires enquêteurs.

Pourtant, En juin 2008, après les annonces faites par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre de l’intérieur, président du conseil général-président du CA de l’Epad sur la densification du site de La défense, le gouvernement à rendu public le rapport commandé à  Pascal  Lelarge, préfet, directeur Régional de l’équipement d’Ile de France. Ce rapport i constitue pour nous, socialiste,  un nouveau projet d’extension d’essence technocratique de la Défense et qui remet en cause ces fragiles équilibres construits après de longues et laborieuses discussions. Le rapport Lelarge  est à fois obsolète dans la forme et archaïque dans le fond :

Obsolète dans la forme : le rapport Lelarge fait comme si rien ne s’était passé depuis les années 60 et ne tire aucune leçon ni de l’échec des aménagements décidée par zones spécialisées  – zones de bureaux, zones de logements – où on constate une qualité de vie médiocre, des problèmes de transports, de commerces, de sécurité, ni des lois de décentralisation qui ont confié la responsabilité de l'urbanisme aux communes et aux régions et renforcé tout au long des vingt dernières années l’obligation d’associer les habitants à l’avenir de leur territoire et d’arrêter les décision d’en haut.
Archaïque dans le fond : il prend prétexte des enjeux du développement durable, qui suppose de faire de la ville dense, pour imposer un projet d’aménagement qui va encore éloigner les logements des emplois, saturer les transports publics et les voiries, renchérir les coûts du foncier et éloigner toujours plus loin les logements des classes moyennes et les activités artisanales ou de PME.
Ce que les socialistes de Nanterre ne veulent pas :
1. Que l’état impose aux Nanterriens sa vision de l’aménagement vers une tertiairisation et une financiarisation accrue par la construction d’une défense bis aux Groues, dans un retour en arrière sans précédent à un urbanisme imposé sans être partagé, dépassé depuis Delouvrier et De gaulle.
2. Que l’EPASA   fusionne avec l’EPAD, la raison principale en étant la situation financière calamiteuse de la gestion par l’état et le Conseil général de cet établissement. Les objectifs assignés par le rapport RICONO sont de redonner une unité à cette ville pas de la diluer à nouveau dans un magma informe.
3. D’une intercommunalité imposée par  l’Etat en associant contre leur gré et sur un projet qui n'est pas démocratiquement validé par les habitants les 3 communes de la Défense.
Ce que veulent les socialistes :
1. Le respect des orientations du SDRIF, travaillé avec les services de l’état pour arriver à un développement équilibré dans l’ensemble de la région parisienne. 
2. Un travail partenarial dans le cadre de la conférence métropolitaine et depuis décembre 2008 du syndicat mixte d’étude Paris-Métropole afin de fédérer les énergies, et plus près de nous de définir une intercommunalité de projets et non une intercommunalité technocratique entre Puteaux, Courbevoie et Nanterre. L’intercommunalité avec les villes voisines se déterminent dans le cadre d’un processus démocratique, dans l’intérêt bien compris de chaque membre. Un débat entre les groupes de la majorité et la population est nécessaire afin de dégager un projet d'aménagement, une cohérence politique et de véritables bénéfices pour les populations concernées.
3. Un travail en partenariat avec tous les acteurs, conseil général, conseil régional, état car pour nous, il n’est nullement question d’être dans une opposition stérile. Défendre un développement pas seulement tertiaire mais également diversifié avec la volonté de garder des activités  multiples comme cela existe déjà sur la zone des Groues et préserver sinon  amplifier la diversité  des emplois dont les Nanterriens ont besoin.
4. Rester maître de notre aménagement au niveau de la gouvernance,
5. Travailler pour la mixité de l’habitat avec 40 % de logements sociaux, se préoccuper des besoins de commerces, d'équipements publics, d'espaces sportifs  et culturels, des moyens de transports et de circulation. 
6. Demander encore et encore à l’Etat de financer les travaux d'infrastructure modifiant la voirie: couverture de l’échangeur de l’A14/A86, réduction de l’impact de la RD 914 et traitement des coupures urbaines qui morcellent notre commune et  dans le cadre du plan de relance assurer l’enfouissement des bretelles de sortie B5 et B6, conditions indispensables pour que se réalise l’éco-quartier avenue Hoche par l’EPASA. 
7. Réaliser la nouvelle gare du RER Université et un soutien aux transports collectifs avec notamment le tramway T1  qui doit absolument voir le jour rapidement.
8. Garder un cadre démocratique. Je citerai une phrase du discours du   Président de la République sur le Grand Paris le 29 avril 2009; Il dit: «Le grand Paris, c’est l’état qui prend ses responsabilités , c’est l’état qui se donne les moyens juridiques d’agir, c’est aussi l’état qui associe, qui ne décide pas tout seul, c’est l’état qui donne l’impulsion nécessaire mais qui n’impose pas d’en haut un projet qui ne peut réussir que s’il est partagé par tous.» Ce qui est vrai pour le Grand Paris l’est également pour cette pièce maîtresse qu’est le quartier de la Défense même s’il existe le danger de voir les règles d’urbanisme évoluer à travers une loi qui réduirait de fait les délais d’instruction des dossiers et conduirait également à une perte de débat indispensable quand il s’agit du cadre de vie des gens.

Les habitants de Nanterre et leurs élus sont des gens intelligents. Ils ont conscience des enjeux  que représente l’extension de la Défense. Jean-Claude GAYSSOT et Louis BESSON ne disaient pas autre chose dans une lettre au maire d’alors, Jacqueline FRAYSSE en affirmant que la puissance publique au sens large ne peut renoncer à la maîtrise de l’aménagement d’un secteur aussi stratégique.  Il ne faut pas retomber dans les errements d’un urbanisme imposé.  L’extension de la Défense doit être pensée, réfléchi dans le cadre du SDRIF, il doit être pensé réfléchi dans un cadre démocratique, il doit être pensé et réfléchi comme un aménagement durable, il doit être pensé et réfléchi dans le cadre d’une intercommunalité de projets décidé démocratiquement. 

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