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Cérémonie de signature des Chartes d’engagement territorial du 23 novembre PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 25 Novembre 2009 00:22

Intervention de Sophie DONZEL, Maire-Adjointe socialiste au développement économique, à l’emploi, au commerce et à l’artisanat

Mesdames, Messieurs, bonsoir,

Je suis heureuse de vous accueillir pour cette cinquième cérémonie de signature des chartes d’engagement territorial entre la Ville les entreprises installées à Nanterre. En deux ans et demi, ce sont 125 sociétés qui ont affirmé leur ancrage local ; 125 sociétés qui ont officialisé leur volonté d’établir des passerelles entre leur activité et le territoire qui accueille leur développement.


Ce soir, 50 entreprises s’engagent dans l’aventure. Vous êtes notre plus grosse promotion ! Bienvenue à bord ! Mais je dois être honnête avec vous : nous n’embarquons pas sur un paquebot au rythme tranquille. Plutôt sur un croiseur, et un croiseur, ça va vite.

Un croiseur. Voilà un navire solide dans l’adversité. C’est précisément ce dont nous avons besoin dans les eaux tumultueuses et les vents contraires que nous abordons.

Vents contraires du contexte économique difficile que vous connaissez dans vos activités et qui subsistent malgré quelques frémissements statistiques de la croissance.
Vents contraires de l’extension de La Défense sur Nanterre pour un projet strictement immobilier, un projet financier, pire : un projet déjà obsolète tant du point de vue économique que du point de vue urbain.

N’y aurait-il donc aucun enseignement de la grave crise dont nous sentons à peine le reflux ? L’Etat serait-il si prompt à oublier ce qu’il lui en a coûté de voler au secours des banques ? Ce sont les Français, les nanterriens, qui pâtissent avant tout de la croissance en berne.

Tout l’ouest francilien, et Nanterre au premier chef, a besoin d’une économie diversifiée. C’est l’unique voie de cohésion pour les sociétés locales.
Une économie diversifiée permet aux habitants de trouver un emploi et aux entreprises de développer des liens commerciaux entre elles.
Une économie diversifiée contient la spéculation immobilière et permet à chacun de se loger décemment à un prix abordable.
Une économie diversifiée permet de multiplier les lieux de création. Je pense ici autant à la culture qu’à la production. Notre dernière cérémonie de signature des chartes se déroulait à l’Université Paris-Ouest Nanterre, le chemin de l’innovation passe par la mise en commun des intelligences, qu’elles soient universitaires ou industrielles.
Une économie diversifiée, enfin, permet l’émergence et le développement d’autres logiques, solidaires et durables.


Prises ensemble, les 125 entreprises signataires des Chartes représentent 42 455 salariés. C’est 44% des effectifs salariés de la ville (95 000 emplois). Ce chiffre résume l’impact que peut avoir votre mobilisation sur l’accès à l’emploi et à la qualification des Nanterriens.
Cela passe par des recrutements directs. D’ores et déjà, les chartes ont permis le recrutement de près de 300 nanterriens en deux ans d’existence, ces résultats sont encourageants.
Je sais que la période ne se prête pas à des recrutements importants et que nombre d’entre vous êtes très prudents sur vos perspectives d’activité.
Il est toutefois des contrats qui vous coûtent peu chers et qui permettent à un jeune de valider un parcours qualifiant. Ce sont les contrats d’alternance. Cette rentrée, de nombreux jeunes sont restés sur le carreau et n’ont pu accéder à des formations, quelquefois de niveau Bac + 4 ou 5, dans lesquelles ils étaient pourtant admis, faute d’entreprise. Je ne me résous pas à cette situation et je souhaite que nous parvenions, ensemble, à travers les chartes, à accroître le nombre de contrats conclus, avec un maximum de visibilité sur les formations concernées.

Concrétiser votre soutien à l’emploi local pourra passer également par des politiques d’achat responsable. Je pense aux circuits courts rendus possibles par les liens de sous-traitance avec le tissu économique nanterrien, mais je voudrais surtout insister sur l’achat solidaire auprès d’entreprises d’insertion. J’en donnerai deux exemples :
  • Planète Sésame propose une offre traiteur à emporter ou en livraison (plateaux repas, cocktails…) ;
  • Essor vend des prestations d’entretien et de petite maintenance à des entreprises.
Le soutien à l’économie sociale et solidaire est l’un des axes des Chartes. Je vous invite à le faire vivre car il contribue à un développement économique choisi et diversifié pour l’ouest francilien.

Une économie diversifiée, disais-je. Vous qui signez la Charte ce soir en êtes l’illustration.  

Ainsi, la production est une dimension peu connue de l’activité économique de Nanterre. Beaucoup d’entre vous avez une activité de production, sur Nanterre ou ailleurs. Eh bien je suis convaincue que la préservation des fonctions de production est indispensable à notre territoire.
D’abord, elles sont porteuses d’emplois de tous niveaux de qualification et offrent donc d’intéressantes possibilités en matière de recrutement local. A Nanterre, 70 % des demandeurs d’emploi nanterriens ont au plus le baccalauréat ; 56 % ont un niveau de formation initiale inférieur ou égal au CAP – BEP.
Deuxième raison : elles incarnent des métiers souvent peu connus ou victimes d’images dégradées. Or, l’accès des jeunes à l’emploi passe autant par la qualification que par la projection dans un avenir professionnel. Il est donc indispensable de rendre attractif tout l’éventail des métiers, fussent-ils insoupçonnés… ou strictement sexués dans l’esprit des jeunes (et moins jeunes). C’est souvent le cas des métiers de l’industrie.
Troisième raison : la production est l’histoire économique de Nanterre. C’est notre identité. La biscotte a été inventée par Heudebert à Nanterre, les papèteries ont plus d’un siècle et il fut un temps où une voiture pouvait être entièrement fabriquée à Nanterre : du moteur à la carrosserie en passant par les batteries. L’espace Chevreul lui-même en est un témoignage. Il sera prochainement rénové et doté d’une double peau dont les motifs rappelleront les célèbres chevrons… et la mémoire du site Citroën.

Encore aujourd’hui, de nombreuses entreprises nanterriennes sont des gisements d’innovation, à l’image de Cyanide qui signe une charte aujourd’hui et conçoit des jeux vidéos.
Encore aujourd’hui, l’activité de production proprement dite est une réalité économique de Nanterre. Dix entreprises ce soir en sont l’illustration : 3D Pierre (travail de la pierre), LRB Roulier, Cecilor, SEARN Rectification, Specitubes (travail des métaux), FEMIA Industries (fabrication de machines pour découpe de fruits et légumes), Les impressions Carcy, Seguin-Follet (fabrication de groupes électrogènes), FINSECUR (fabrication de matériel de sécurité incendie) et CAMPARI France (agroalimentaire).

La préservation des fonctions de production et l’accueil d’industries dites nouvelles – par exemple la filière de l’écoconstruction – doit être un axe fort du développement économique de Nanterre.
Dans les discussions qui doivent s’établir avec les pouvoirs publics sur l’avenir de l’ouest francilien, c’est une orientation sur laquelle nous tiendrons bon.

Vous n’ignorez pas que le positionnement économique de notre ville est fortement questionné par le projet d’extension de La Défense sur Nanterre.
Nous comptons aujourd’hui environ 1 million de mètres carrés de bureaux. Il serait question d’en construire le double. Cela a-t-il un sens pour notre tissu économique ? Je ne le crois pas.
Je crois au contraire au nécessaire maintien d’un tissu de TPE – PME à conforter. Or, nombre d’entre elles sont installées dans les zones d’activité des Guilleraies, des Groues et des Hautes-Patûres.
Parmi les signataires de ce soir, citons Daïkin air conditioning (clim), Pompes funèbres générales, OPTEOR Immotic (énergie), Ascenseurs Mitsubishi, SDEL Transports Services (équipement électrique), Schindler France ou encore Buffalo grill.
Pourtant ces trois zones d’activité sont incluses dans le projet d’extension de l’opération d’intérêt national pour l’aménagement de La Défense, sans que la pertinence économique d’une telle extension n’ait été démontrée à aucun moment. Pas de projet d’intégration de filières, pas de vision de synergies à développer, pas d’appui sur le tissu existant…
Pour Nanterre, il n’est pas question que les 128 hectares des Guilleraies et les 70 hectares des Groues se tertiarisent totalement et excluent les PME et TPE qui s’y développent et sont pourvoyeuses d’emplois.

Dans notre promotion de ce 23 novembre, outre les entreprises déjà citées, 15 comptent moins de vingt salariés. Elles exercent des activités très variées : SOMACO, IMATEC, HSP Edisag (communication), CRESTRON (électronique, domotique), Autocars DUNAND, Transport BOUZAC, Entreprise George (beauté), Thyssenkrupp VDM (acier, alliage, métaux), société Hüppe (fabrication et distribution de parois de douche), REXEL, TRM, But, Chadapaux (commerce de gros ou de détail), Lüscher France (équipement industriel) et Aqua Déménagements.

Pour elles, une offre d’immobilier économique de qualité, alliant surfaces moyennes – voire petites pour les créateurs d’entreprises – et prix abordables est indispensable en petite couronne parisienne. C’est à mes yeux une autre dimension non négociable des échanges à venir sur l’Ouest francilien et la Défense.

Bien sûr, il ne s’agit pas pour autant de fermer la porte aux très grandes entreprises qui font la force économique du territoire. Elles sont représentées ce soir par : Total raffinage et Marketing, Manpower France (qui arrive en mars mais qui travaille déjà étroitement avec nous), BNP-Paribas Assurance, HSBC et Schneider Electric.
Je ne doute pas du gisement de sous-traitants que représente pour elles le tissu d’entreprises de Nanterre. Ainsi, on imagine sans peine qu’elles pourront travailler, selon leurs métiers respectifs, avec Master Cabs services, les hôtels Campanile et Itinéraires, Missenard Quint B, Mitsubishi Electric France (climatisation), TRIGO ou encore les équipementiers industriels DCM Usiméca, RPA Process Technologies et SOL DATA.

Sans fermer la porte au secteur tertiaire ni aux grandes entreprises, il s’agit de laisser une place pour toutes et d’assurer de bonnes conditions de travail pour chacune. J’ai conscience que cela passe notamment par l’amélioration des services rendus à vos collaborateurs dans les zones d’activité. Et cela relève des engagements pris par la Ville.
Les Guilleraies, par exemple, manquent de commerces et de restaurants. Nous travaillons actuellement à un projet de lieu de vie qui pourrait pallier cette lacune dans les années à venir.

Je ne peux terminer sans saluer la SEMNA et ses équipes. Elle nous accueille ce soir et signe une charte.
La SEMNA est une entreprise publique locale, statut souvent méconnu du grand public. Elle a pour objet d’assurer pour le compte de la collectivité un certain nombre de missions d’intérêt général : aménagement des zones d’activité et de quartiers urbains mixtes, gestion d’équipements tels que l’Espace Chevreul, le cinéma Les Lumières ou encore les parcs de stationnement de la ville.
Les entreprises publiques locales sont mal connues, elles sont pourtant précieuses. Et innovantes. La SEMNA est ainsi la première SEM à avoir obtenu la certification ISO 14001 pour sa démarche environnementale.


Un développement économique choisi et diversifié. Quel meilleur programme d’échange pour démarrer une pluvieuse semaine de novembre ?

Le débat qui va suivre va nous permettre de poser les bases d’un avenir qui nous soit commun et profitable à tous.
Je remercie chaleureusement Dominique SEUX qui a accepté de l’animer et l’ensemble de nos intervenants qui nous font le plaisir de leur participation : Jacques PANCERA, Pierre VALENTIN, Laurent DAVEZIES et Marc SECHE.

Je dois excuser l’absence de ma collègue Marie-Laure MEYER, conseillère municipale, Présidente déléguée de la Maison de l’Emploi et de la Formation et conseillère régionale, qui devait intervenir suite au débat et qui ne pourra malheureusement pas nous rejoindre.

Dans le cadre de la démarche initiée par la Ville – les Ateliers de l’Ouest francilien – nous aurons à cœur de recueillir votre vision de l’avenir de ce bassin de vie. Car les entreprises en sont un acteur essentiel.

En attendant, dans une quinzaine de jours, sera ouverte la conférence internationale de Copenhague sur le climat. La Ville de Nanterre s’est engagée en 2007 à réduire de 10% en cinq ans les émissions de gaz à effet de serre de son patrimoine et de ses services. Le plan climat territorial invite tous les acteurs économiques du territoire à réduire leurs propres émissions.
Là est l’urgence collective autant qu’individuelle.
C’est dire si nous n’avons que faire d’un « cluster financier » à La Défense, qui n’a d’ailleurs de cluster que le nom.
Nanterre est une ville à produire, à tous les sens du terme, elle n’est pas une ville à vendre, fût-ce des produits financiers structurés.
Nanterre, surtout, est une ville à vivre.


Bonne soirée à tous !

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