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Intervention sur le voeu sur le projet de loi relatif au grand Paris PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 18 Novembre 2009 23:45

Sophie DonzelIntervention de Sophie DONZEL
Maire-Adjointe socialiste au développement économique, à l’emploi et au commerce
au conseil municipal du 17 novembre 2009

A l’occasion de ce vœu, je voudrais faire un détour par les capitales européennes. Puisqu’on nous ressasse que le projet de loi sur le Grand Paris vise à assurer la compétitivité de la capitale française dans une lutte concurrentielle sans merci entre métropoles mondiales, allons voir de plus près comment les capitales sont gouvernées chez nos voisins. Or, on se rend compte qu’elles sont toutes organisées selon des principes identiques.

Premier principe : l’avenir des métropoles est toujours entre les mains des citoyens. Ce sont eux qui décident des orientations qu’ils souhaitent donner à leur territoire. Il en décident à l’occasion d’élections locales et dans le lien permanent, en proximité, avec leurs élus locaux à qui ils ont confié la responsabilité de mettre en œuvre les orientations qu’ils ont choisies. Pas d’administration déconcentrée ou de personnalité désignée pour présider aux destinées des capitales. Des élus.


Deuxième principe de gouvernance des capitales européennes : une région – qui ne s’appelle pas forcément ainsi mais qui est à cette échelle géographique – planifie et organise les solidarités urbaines. C’est elle qui a la responsabilité de deux politiques essentielles : le développement économique et le logement abordable.
Cette région travaille en articulation étroite avec des villes ou des agglomérations, à l’échelle des bassins de vie, qui ont en charge les services publics locaux, l’action sociale… et l’urbanisme.

Ces principes récurrents observés chez nos voisins européens ne sont pas le fruit du hasard. Ils sont la voie de l’efficacité territoriale.

Rien de tel dans le projet de loi sur le Grand Paris.
Uniquement la recentralisation.
Uniquement la confiscation.

Alors à qui profite le crime ?
Certainement pas aux habitants qui ont besoin de logements peu chers. Pourtant pas un mot sur cet enjeu essentiel dans le projet de loi Grand Paris.
Certainement pas aux actifs qui ont besoin d’emplois. Tiens, d’ailleurs, la suppression de la taxe professionnelle ne les aidera pas non plus. Malgré les efforts de démonstration déployés depuis deux jours sur le sujet, on ne voit vraiment pas comment la suppression de la taxe professionnelle permettra de créer des emplois ou même d’en maintenir.
Certainement pas non plus le tissu économique. Les entreprises de Nanterre nous le disent, certaines sont prêtes à se mobiliser. Et elles s’exprimeront sur le sujet au début de l’année 2010.

Vous faisiez référence, Monsieur Lefret, à la notion de cluster. Philippe Panerai appelait de ses vœux, en effet, un cluster. Je rejoins cette proposition. Mais ce qui est envisagé par l’Elysée pour La Défense n’est en aucun cas un cluster.
Il ne s’agit pas prononcer le mot, Monsieur Lefret, pour faire la chose !
Un cluster apparaît lorsque les dynamiques industrielles et commerciales naissent de la possibilité pour des porteurs de projets, pour des entrepreneurs, pour des filières industrielles, de se croiser et de développer des liens, notamment de sous-traitance. Rien de tel dans le projet envisagé pour La Défense puisqu’il est mono-filière et mono-modèle économique.

Bref, nous assistons à une véritable recentralisation dans laquelle l’Etat confond les rôles. Il veut à la fois :

  • définir l’intérêt général : j’applaudis des deux mains, c’est son rôle et il sait le faire
  • planifier les équilibres régionaux : c’est le rôle de l’échelle métropolitaine, c’est-à-dire de la région et du SDRIF. L’histoire des soixante dernières années a d’ailleurs montré que ce n’est pas ce que l’Etat sait faire de mieux. La région sait le faire, il faut la conforter dans cette responsabilité
  • aménager : Là encore, l’histoire récente ne porte pas cette compétence au crédit de l’Etat. C’est bien plutôt le rôle de l’échelle locale, des communes. Nous savons le faire.

 

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